L’autogestion ouvrière à travers les expériences de récupération d’entreprises en Amérique latine

dimanche 2 février 2014
par  SUD SOLIDAIRES 06
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SOLIDAIRES 06 co-organisait avec l’Association pour l’autogestion 06, ATTAC 06, ENSEMBLE-mages Nice / Cannes-Grasse, une conférence-débat sur l’autogestion ouvrière à travers les expériences de récupération d’entreprises par les travailleurs en Argentine et en Amérique latine.

Andrès Ruggeri, Directeur du programme Faculté ouverte, université de Buenos Aires a su nous parler de l’histoire de ces reprises ouvrières depuis 2001.

Provoquées par la crise due à l’endettement lourd de l’Argentine et un taux de change vis à vis du dollar insupportable, ces récupérations ont été lancées sur le terrain pour éviter le chômage et garder un outil de travail.

Il ne s’agissait pas d’une position théorique idéologique qui aurait trouvé un aboutissement, mais bien le contexte économique qui a conduit à ces récupérations.

Aujourd’hui et après la crise de 2008 qui a donné un nouvel élan à ces reprises, il y a environ 330 entreprises qui ont été récupérées en Argentine ( des structures d’environ 40 à 50 personnes en général). Les réflexions et les difficultés concernaient les problèmes juridiques, les problèmes d’appartenance de l’outil de travail, de management, de technicité. Comment gérer une entreprise expropriée mais dont l’outil n’appartient pas aux travailleurs. Comment obtenir des crédits dans ce cas ?

Francisco Martinez, travailleur et président de l’entreprise autogérée Textiles Pigüé (Argentine) a été confronté à toutes ces difficultés.

Un prix de vente des textiles produits plus élevé oblige à communiquer pour faire comprendre que l’achat du consommateur doit se faire dans l’esprit du commerce équitable. (les ouvriers ont su convaincre certaines très grandes entreprises capitalistes d’avoir recours à leurs services pour défendre une image de soutien du commerce équitable)

Ensuite, comment répartir les salaires ?

L’investissement en temps des ouvriers dans le projet était très différent, les "cols blancs" sous payés ont disparu.

Il a fallu assurer la transition entre un moment où il était nécessaire de se battre pour conserver les locaux , se battre contre la société qui les détenait mais aussi contre la police parfois.

L’idée fut de proposer finalement des salaires différenciés afin de retrouver et d’attirer des "professionnels" ayant un haut niveau de compétence, en matières de gestion, d’organisation et de technicité.

L’idée, défendue aussi par l’AG des travailleurs, était celle d’utiliser des services extérieurs ponctuellement.

L’entreprise a été rachetée par les ouvriers qui doivent donc payer ce rachat.

L’accès au crédit sera facilité, bien que la solution provisoire avait été d’accéder à des micros crédits.

L’entreprise appartient à la coopérative, non à ses ouvriers.

Les locaux étant très grands, une partie de ceux-ci a été laissé à d’autres entreprises capitalistes afin de permettre le développement de l’emploi local sur la ville de Pigüé.

Au total des témoignages concrets et très intéressants.

voir aussi l’article :

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L’experience autogestionnaire des piqueteros argentins


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