Solidaires : un congrès pour un syndicalisme de luttes

mardi 3 juin 2014
par  SUD SOLIDAIRES 06
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De plus en plus de Solidaires

L’Union syndicale Solidaires revendique une progression de près de 3 000 adhérents chaque année et une nette ouverture sur les secteurs privés (commerce, services, prévention-sécurité, restauration, assurances, industrie, chimie, convoyeurs de fonds, associations).

Selon le rapport d’activité présenté au congrès de Dunkerque, le syndicat compte plus de 110 000 adhérents et est passé en dix ans de 38 à 55 structures. Quatre organisations (Solidaires Finance publiques, SUD Santé Sociaux, SUD-PTT, SUD Rail) dépassent les 10 000 adhérents et continuent de progresser « en moyenne de 300 adhérents par an ». Elles représentaient près de 60 000 adhérents en 2012. Jeune syndicat dans le secteur privé, Solidaires est reconnu représentatif dans plus de 40 conventions collectives nationales et locales.

« Un outil syndical qui n’a pas à rougir de ce qu’il est »

La progression de Solidaires en nombre d’adhérents et en représentativité est aussi un enjeu : « Le syndicat est dans un point de bascule, explique Jean-Michel Denis. Solidaires a renforcé sa restructuration et n’a plus les problèmes d’il y a dix ans, notamment d’homogénéisation interne ». Mais comment passer d’un syndicalisme à taille réduite à une structure plus importante ?

« Nous ne voulons pas lâcher sur les fondamentaux du syndicalisme et nous voulons rester un syndicalisme proche des salariés, qui favorise le lien entre les salariés et l’auto-organisation des salariés, même si c’est difficile ces dernières années », reconnaît Annick Coupé. « Les militants sont confrontés à des tensions permanentes entre l’institutionnalisation et leur projet syndical. Les syndicats participent à des négociations collectives et signent des accords collectifs dans un certain nombre de secteurs, tout en gardant ce projet de syndicalisme contestataire », ajoute Jean-Michel Denis.

Preuve de la vitalité du syndicalisme de luttes, le syndicat a déjà prévu de plancher à la création d’une université de printemps en 2015, « qui rassemble les adhérents et sera l’occasion de réflexions de fond. C’est nécessaire pour transmettre les fondamentaux de notre syndicalisme », promet Gondard-Lalanne. Le syndicat est certes toujours un « vilain petit canard », lance Jean-Michel Denis, mais, « il y a dix ans, personne n’aurait parié un kopeck sur le fait que Solidaires existe encore aujourd’hui et soit reconnu notamment par les pouvoirs publics ».

En coulisse, les dirigeants ont aussi des objectifs ambitieux, notamment obtenir une représentativité interprofessionnelle et le développement d’un syndicat « qui n’a pas vocation à rester minoritaire ».

Annick Coupé ne désarme pas : « Nous avons construit un outil syndical qui n’a pas à rougir de ce qu’il est », et ponctue froidement : « On ne peut pas se satisfaire d’un bilan plutôt positif dans un contexte catastrophique pour le mouvement social et pour une majorité de la population. »