RETOUR SUR UNE PRIVATISATION

dimanche 31 janvier 2010
par  SUD SOLIDAIRES 06
popularité : 64%

Pour SUD PTT, la privatisation de La Poste est désormais une réalité ;

Les personnels
n’ont pas à rougir du combat qu’ils ont mené contre ce processus, qui n’est pas une
cause perdue quoiqu’en disent le gouvernement ou la Direction de La Poste ;

En lutte
avec le personnel au sein de l’entreprise publique comme dans le Comité national contre
la privatisation, la fédération SUD PTT a répondu présente, au nom d’un engagement
total pour les conditions de travail, l’emploi et le service public.

Un gouvernement déterminé

il aura fallu 18 mois au gouvernement pour mener à bien son projet
de transformation du statut de La Poste.

La procédure aurait
sans doute été plus rapide sans une certaine résistance des opposants
à ce projet, mais le résultat est là : le 1er mars 2010, La Poste
devrait perdre son statut d’Etablissement Public à Caractère

Industriel et Commercial, comme France Telecom il y a un peu
plus de 13 ans.

Une lutte originale qui n’a pas suffi

A l’heure du bilan des luttes contre cette privatisation, on relèvera
un élan remarquable qui a réussi à fédérer de nombreux militante-
s syndicaux, politiques et associatifs autour de la question postale
dans 95% des départements.

Un vrai mouvement social
auquel a répondu massivement la population à travers un simple
geste citoyen, la votation du 3 octobre 2008.

Sans se répéter ou se complaire sur le sujet, il s’est réellement
passé quelque chose début octobre 2009, un vrai évènement,
embarrassant pour le pouvoir, mais aussi porteur de réflexion pour
les instances Européennes qui, rappelons le, prévoient de telles
consultations de la population sur des sujets de société.
La votation fut portée, entre autre, par les équipes syndicales de
SUD PTT, parties prenantes des comités locaux, partout où ce fut
possible. La campagne s’est déroulée dans la rue, dans les entreprises,
mais aussi aux abords des établissements postaux, malgré
le refus de la fédération CGT au sein de l’intersyndicale de promouvoir
les opérations de vote dans les services.

Une intersyndicale virtuelle

Pour la première fois une intersyndicale était créée à La Poste.

Mais il faut reconnaître qu’elle n’a jamais donné de véritable élan
à la mobilisation. Le fait que la CFDT, présente dans cette intersyndicale
n’ait pas rejoint les quatre autres principales organisations
syndicales de La Poste au sein du Comité national a atténué la force du mouvement. Cela a permis d’une part à la CFDT de
préserver une certaine image auprès des personnels afin de ne pas
passer une fois encore pour le jaune de service. D’autre part, ce
cloisonnement entre la population et les postier-e-s a aussi été
conforté par la CGTqui n’a pas vraiment relayé les décisions du
Comité national contre la privatisation dans les établissements.
Rappelons aussi que ces deux organisations syndicales n’ont pas
appelé nationalement à la grève reconductible en novembre 2009,
seule action en mesure de faire plier le gouvernement.

Faute de combattants

La faiblesse de la mobilisation des postier-e-s peut aussi être mise
sur le compte d’une forme de “saturation” du mouvement social
au sortir de campagnes éprouvantes contre “la crise”.


Mais c’est
surtout le rythme des restructurations permanentes qui aura pesé
contre un mouvement d’ampleur.

C’est ce qu’a bien saisi le gouvernement qui, sans le sursaut
citoyen aurait plié l’affaire avec encore plus de vélocité.
Il convient d’ajouter à cette conjoncture un engagement qui s’est
rapidement essoufflé au lendemain du 3 octobre avec un effacement
notable des “grosses” organisations syndicales et politiques.
Le PC, le PS ou la confédération CGT, étaient pourtant en capacité
de contribuer largement à la logistique d’une continuité du
mouvement, dans le cadre d’une grande manifestation nationale
par exemple. On pourra s’interroger sur les vraies raisons de cette
débandade.

Quelles perspectives ?

Évidemment, on ne peut baisser les bras devant cette situation. Les
faiblesses de l’opposition à la politique du gouvernement n’entament
pas la détermination de la fédération SUD PTT.

Nous serons confrontés à une SA La Poste entièrement tournée vers les profits rapides et dont le principal levier porte sur la gestion au cordeau
des ressources humaines.

[(
Notre capacité à réagir à cette nouvelle donne sera primordiale pour assurer une défense efficace
des personnels de tout le groupe. Il faudra continuer à se battre sur tous les fronts et
s’adapter à la nouvelle configuration d’une société anonyme où le non droit social a été préservé
par une loi sur mesure.
)]

DES CONSÉQUENCES QUI APPELLENT À LA RÉSISTANCE

[**
Pour les personnels du groupe La Poste et pour la population, les échéances sont claires. La transformation
du statut de La Poste repose sur le choix gouvernemental de soumettre toutes les activités
de La Poste à l’économie de marché. C’est le message qui a été constamment véhiculé en agitant
l’épouvantail de “l’ouverture du marché postal”. Cette lente dérive que subît l’entreprise publique
ne connaîtra désormais plus de limites, au gré d’une course aux profits qui va coûter cher au service
public et à l’emploi du groupe postal.
*]

La chasse au service public est ouverte

La loi postale du 12 janvier 2010 a été peaufinée par le
gouvernement et La Poste pour répondre à une stratégie
très simple : éliminer les coûts induits par les missions du
service public postal en réduisant progressivement leur
étendue et leur accessibilité.

Cette affirmation n’est pas une provocation mais bien une
réalité, la preuve est consultable par le grand public au
journal officiel où sont restitués les débats parlementaires.

C’est dans cette publication que nous retrouverons le coup
de gomme du gouvernement qui effaça le 12 novembre
2009 au sénat une simple phrase du texte de loi garantissant
“le financement intégral et pérenne des missions de
service public de La Poste”.

Par la suite, le Président de La
Poste est venu en personne “nettoyer” le texte sorti du
Sénat, éliminant au passage les mesures de rattrapage
votées en faveur des reclassé-e-s.

Les choix sont clairs pour La Poste SA et sa tutelle,
aucune des missions du service public postal ne sera compensée
intégralement.

Toute amélioration susceptible de
générer un coût est bannie, ce qui aboutit, par exemple, à
la campagne de transformations des bureaux de poste
(6392 fermetures depuis 5 ans).

La Poste SA est confortée dans la stratégie développée
depuis 2003 avec Cap Qualité Courrier, Facteur d’Avenir,
Cap Relation Client et Développement de la Compétitivité
des Centres Financiers. Chaque agent est en situation de se
retrouver confronté au quotidien avec une restructuration
qui aggrave ses conditions de travail et de vie.

Personnel = variable d’ajustement

La formule est connue mais elle n’aura jamais autant eu de
signification qu’au sein de ce texte de loi.

Il ne faut pas
être grand clerc pour réaliser que l’autre grand “chantier”
de La Poste SA va porter sur la gestion des effectifs du
groupe.

C’est le B-A BA du “capitaine d’industrie”, celui
là même qu’ont adopté depuis une décennie les opérateurs
postaux les plus adulés de la Commission Européenne qui
ne tarit pas d’éloges sur le hollandais TNT ou l’allemand
Deutsche Post.

Chez ces opérateurs, on a adopté le modèle social du service
minimum avec la précarité institutionnalisée à tous échelons.

Ces pays où le SMIC n’existe pas donnent le
libre champ à tous les excès, des livreurs de presse âgés de
14 ans aux retraités payés à la pièce distribuée qui plafonnent
à 5€ de l’heure.

Un modèle social que nous refusons

C’est pourtant ce que nous concocte le secteur postal de
demain. Aiguillonné par une Europe toujours plus libérale,
le gouvernement Français promulgue une loi postale qui
pérennise les conditions de non droit social qui règnent au
sein de La Poste.

Les exemples de dégradation systématiques
des conditions de travail consécutives aux privatisations
ne doivent pas se reproduire à La Poste, la dérive
funeste de France Télécom est là pour nous le rappeler.

En 2010, on continue


La réponse à cette aggravation de la situation tient en un
seul mot : RÉSISTANCE.

Partout, il faudra renforcer la solidarité et organiser la lutte
pieds à pieds face aux reculs sur le plan social comme sur
les services publics.

Des convergences sont toujours possibles
et il faudra répondre présents dans les campagnes au
sein de La Poste comme dans les autres catégories professionnelles.

Toutes et tous ensemble !

[**La guerre d’usure n’est pas circonscrite à La
Poste et les quinze années de privatisations, de
dégradation du service public et d’augmentations
tarifaires pèsent lourdement sur nos capacités de
réaction. Le programme que prépare le gouvernement
pour 2010 est lourd de présages, entre les
réformes sur les collectivités territoriales et celle
des retraites, les occasions de montrer notre détermination
ne manqueront pas. Le symbole que
représente La Poste est toujours porteur de
valeurs de solidarité, d’égalité et de proximité.
*]

Pour les préserver, la lutte doit continuer !


FÉDÉRATION SYNDICALE
des activités postales
et de télécommunications

25/27 rue des Envierges 75020 Paris

Tél 01 44 62 12 00 / Fax 01 44 62 12 34

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